EXTRAITS
Après la tempête de décembre, je me souviens
d’avoir vu deux ou trois arbres, au moins
centenaires et clairement déracinés.
On sentait bien qu’ils avaient dû
se faire surprendre par la violence de la chose,
qu’ils avaient dû s’agripper les uns aux autres,
un peu n’importe comment,
de telle sorte qu’ils s’étaient retrouvés ainsi de
travers, liés contre nature.
Je me souviens aussi sous l’amas, d’un petit
panneau métallique d’à peine deux ou trois
mètres, encore intact et planté,
que je n’avais jamais remarqué auparavant, ni
ici ni ailleurs : «Danger ! Arbres penchés».
J’ai aussitôt eu envie de crier... du dedans...
de dédier un recueil ou quelque chose,
un hommage, à ces arbres penchés... longtemps
debout ou d’abord debout.
*
Il n’a pas besoin d’écrire, de se battre ou d’user de mots, pour créer de l’espace et y mettre ce qu’il faut de lumière – pour
imposer le silence.
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