Sommaire
Oliverio Girondo, Roberto Juarroz,
Raúl Gustavo Aguirre, Juan Gelman,
Antonio Requeni, Laura Cerrato, Horacio Salas,
Silvia Vainberg, Paulina Vinderman, Delia Pasini,
Jorge Aulicino, María Negroni, Ana María Gil,
Daniel Chirom, Sara Cohen, Eduardo Kovalivker,
Luis Benítez, Cristina Castello, Cecilia Romana,
Samantha Barendson et Juan Pablo Bertazza
traduction
Samantha Barendson, Francis Chenot, Sara Cohen,
Claude de Frayssinet, Graciela Isnardi, Delia Pasini, Nicole Priollaud, Fernand Verhesen et Pedro Vianna
médaillons
Serge Basso de March : L’envers du sable (extraits)
Francis Chenot :
Les ennuagements d’Yves Namur
effleurescences
Pauline Vanoverbeke
lectures
Claude Albarède, Francis Chenot,
André Doms et Béatrice Libert
à propos de
Denise Borias, Jean-Pierre Boulic, Éric Brogniet,
Jany Cotteron, Jacques Izoard,
André Lagrange, Béatrice Libert, Robert Momeux,
Dany Moreuil, Roland Nadaus,
Geneviève Roch, Robyn Sarah et Louise Warren
L’ouvrage
Ceci n’est pas une anthologie de la poésie argentine contemporaine. Simplement quelques voix, parmi d’autres. D’Oliviero Girondo, le précurseur de la modernité, à Samantha Barendson, nous en avons retenu vingt et une. Des voix où domine, celle, universelle, de la Poésie verticale de Roberto Juarroz que Fernand Verhesen a traduit avec talent et fait connaître dans l’espace francophone. Des voix argentines croisées au hasard de lectures, de revues ou de recueils. D’autres découvertes grâce à l’amitié de Daniel Chirom qui dirige à Buenos Aires la belle revue El Jabalí dont les sangliers rythment ce numéro introduit par une peinture de Silvia Vainberg qui, en quelque sorte, fait le lien entre l’Amérique du Sud et nous : sans frontières, la poésie n’est qu’un seul continent dont on n’a décidément pas fini d’explorer les terres rares…
Francis CHENOT
Extrait
Juan Gelman
El expulsado
me echaron de palacio
no me importó
me desterraron de mi tierra
caminé por la tierra
me deportaron de mi lengua
ella me acompaño
me apartaste de vos y
se me apagan los huesos
me abrasan llamas vivas
estoy expulsado de mí
L’expulsé
on me chassa de la cour
sans importance
on m’exila de ma terre
on me déporta de ma langue
elle m’accompagna
tu m’as séparé de toi et
j’ai les os rompus
je suis brûlé vif
je suis expulsé de moi
Né en 1930, Juan Gelman est l’auteur d’une oeuvre foisonnante que vient de couronner le prix Cervantes, le Nobel des lettres espagnoles. Opposant à la dictature militaire, il a été mis en musique par le «Cuarteto Cedrón».
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